• 5 Août 2018 - Tremblement de Terre à Amed...

    5 Août 2018 - Tremblement de Terre à Amed...

    Quand le réveil sonne et que Marc se lève... je suis dans les choux ! Depuis plusieurs jours, j'ai très mal à mon épaule droite. Depuis qu'un chien m'a mordu à l'avant bras il y a quelques mois, des douleurs d'arthrose terribles s'installent parfois sur ma clavicule et me descendent, je ne sais pas pourquoi jusqu'à l'emplacement de cette morsure, et pire encore, me descendent jusqu'au poignet puis à la main. C'est un enfer, je ne sais plus comment dormir et j'ai oublié les médicaments qui me soignent... Si j'attends encore, des picotements vont parvenir jusqu'à ma main qui parfois devient bleue... Je ne veux pas en arriver là, il me faut vite, un vrai massage thérapeutique, s'il en existe par ici...

    J'ai donc beaucoup de mal à me lever car je n'ai pas beaucoup dormi ou mal. Qué misère de vieillir ! Quand je me boulègue un peu, il est déjà 9h... et la plage de Jemeluk émerge doucement à la vie, comme moi !

    5 Août 2018 - Tremblement de Terre à Amed...

    J'ai vraiment deux de tension que je me dis, en descendant prendre mon petit déjeuner face à ma jolie déesse qui semble compatir à mes douleurs !

    5 Août 2018 - Tremblement de Terre à Amed...

     

    J'explique en Indonésien version google traduction car en Anglais ça ne fonctionne pas, mon problème à la jolie dame enceinte de ma guest. Elle m'envoie aussitôt de l'autre côté de la rue, chez sa collègue qui semble-t-il est spécialiste de ce genre de coinçages... Je termine mon énième café qui ne me fait pas plus d'effet que le premier et me décide enfin à traverser la rue.

    5 Août 2018 - Tremblement de Terre à Amed...

    En passant devant le Ganeshou du coin, je me dis qu'il n'a vraiment pas bonne mine non plus et qu'il a même l'air en colère... Je le salue d'une inclinaison mais pas trop forte car vraiment j'ai de plus en plus mal ! Si je pouvais, je m'enlèverais ce bras pour ne plus rien ressentir !

    5 Août 2018 - Tremblement de Terre à Amed...

    La fameuse masseuse comprend immédiatement mon problème mais ne peut me prendre de suite, il faut que j'attende 11 heures. No souçaï, je vais aller me balader en attendant, c'est ce que j'avais prévu en l'absence de Marc. J'espère qu'il s'éclate sur l'épave du Liberty à Tulamben, j'en garde un très bon souvenir en snorkeling... Mais il a tellement l'habitude d'aller plonger en pleine mer dans des endroits paradisiaques... peut-être sera-t-il déçu... Il me racontera quand il rentrera.

    En attendant, je prends quand même le scooter. J'ai mal mais je conduis doucement. Je veux me rendre à l'embarcadère pour Lombok, histoire de voir si les prix ont changé en deux ans. Non pas qu'on ait l'intention de s'y rendre mais j'aime me tenir au courant des changements et de l'évolution des transports par ici.

    Mais quand j'aperçois entre deux pâtés de maisons les bois à sel, je décide de faire une halte. J'ai connu l'époque où à l'entrée d'Amed, il y en avait des tas sur la plage... Aujourd'hui, ils ont disparu faisant place aux nombreux hôtels et guesthouses... En m'engageant dans une petite ruelle, je me rends compte que les gens continuent de faire leur sel mais chacun de leur côté et derrière leur petite maison ! C'est moins imposant et voyant mais c'est très beau et très bien. Enfin un retour au bon sens ! 

    5 Août 2018 - Tremblement de Terre à Amed...

    5 Août 2018 - Tremblement de Terre à Amed...

    En arrivant sur la plage, je découvre Agung toujours aussi dans les nuages... Je lui trouve un air inquiétant... c'est peut-être parce qu'il me reste de lui les dernières images vues sur le net... celles de son éruption.

    5 Août 2018 - Tremblement de Terre à Amed...

    Mon gros Pépère Agung n'est plus aussi pépère... Lui aussi a changé... Je sais que son sommet est aujourd'hui différent mais avec ces nuages, je ne peux le vérifier. Au loin, j'imagine Tulamben et mon Homme, dans les eaux sombres d'une épave engloutie...

    Quand je reprends le scooter, j'ai froid... encore... Décidément, c'est pas cette année que j'aurai les pieds qui fument et le front qui pèle ! Le climat est devenu complètement fada ! Quand je pense que mon Mistoulin est sous la canicule à 35 degrés chez nous et depuis trois semaines... c'est le monde à l'envers !

    Sur la plage de l'embarcadère, pas de speedboats. J'apprends qu'ils sont suspendus pour cause de très mauvaise mer entre ici, les Gilis et Benoa Lombok. Il n'y a plus de prix d'affichés aucune part, tout est sur le net... qu'on me dit d'un ton assez sec... Décidément, les gens ne sont plus aussi aimables qu'avant...

    5 Août 2018 - Tremblement de Terre à Amed...

    Mais je ne perds pas au change ! Les pêcheurs ont déchargé leurs poissons, rentrent leur bateau haut sur le sable et les femmes chargent les paniers.

    5 Août 2018 - Tremblement de Terre à Amed...

    5 Août 2018 - Tremblement de Terre à Amed...

    5 Août 2018 - Tremblement de Terre à Amed...

     

    Je me régale de ce spectacle très longtemps mais l'heure tourne et il me faut rentrer pour ce fameux massage qui j'espère va me remettre d'équerre ! J'en ai marre d'être diminuée ainsi...

    La petite dame est énergique et se focalise sur mes douleurs. Elle a sorti des crèmes qui sentent un peu comme le baume du tigre et me fait faire tous les mouvements possibles et imaginables pour me remettre tout en place. Au bout d'une heure, j'arrive à lever le bras sans hurler à l'intérieur et surtout les picotements aux doigts ont disparu. Consigne est donnée de ne faire aucun effort, de ne pas me doucher avant ce soir et de dormir bien à plat. J'ai bien l'intention de suivre tous ses conseils ! 

    C'est donc plus légère que je rentre à mon oustau en espérant que mon amie Wayan a répondu à mon dernier message qui lui proposait de se voir vers midi. Mais pas de réponse, elle doit elle aussi rentrer les poissons de son mari pêcheur que je me pense en m'installant sur la terrasse, devant mon ordi, en élève pas très sérieuse qui n'a pas fait ses devoirs ! Je suis très en retard sur mes articles mais voyager à deux, change beaucoup mes habitudes. Je sais que vous ne m'en voulez pas et que vous comprenez ! yes

    Quand Marc rentre, j'ai totalement perdu la notion du temps. Ecrire m'isole toujours beaucoup. Je n'ai même pas vu le message de Woyan qui espérait me voir en début d'après-midi ! Pas grave, on décide de se voir ce soir avant dîner.

    Quand à mon homme il est tout heureux ! Il a son sourire de ravi de la crèche et même s'il n'a pas trouvé l'épave extraordinaire, il est content d'avoir plongé. Tout comme moi, il aime à se retrouver couper du monde dans cet immense monde sous-marin tout bleu. On se raconte notre journée sur la plage, la vie est belle... Je n'ai plus trop de douleurs et la fin d'après-midi est superbe.

    Quand on arrive chez Wayan qui habite tout près du Sunset View Point, dans les hauteurs, je ne reconnais plus le Crystal. C'était autrefois un bar animé avec de la musique, de la bintang, cafi de jeunes indonésiens qui chantaient et jouaient de la guitare... C'était le bar de Gita l'ami de Manon, cette Française que j'avais rencontrée sur le net et Wayan était en quelque sorte comme sa "Belle-sœur". Manon est depuis rentrée en France, Agung s'est réveillé brutalement après des décennies de sommeil, le bar a périclité et aujourd'hui, c'est un désert... totalement abandonné... Que les choses changent vite ! Il y a encore deux ans, on fabriquait des offrandes toutes les deux sur la terrasse agréable de ce lieu assez branché du coin.

    Wayan nous reçoit donc chez elle, sa maison est au-dessus du Crystal. Je suis heureuse de revoir son minot qui a beaucoup grandi, de discuter avec elle et de savoir comment va la vie pour eux après tous ces changements... Et ce qu'elle me raconte n'est pas réjouissant... Je l'ai aidé après les évacuations... mais ça n'a été qu'une goutte dans un océan d'emmerdes...

    Quand la nuit commence à tomber, on se quitte et on se dit au revoir. Nous quittons Amed demain pour Tejakula et il faut qu'on se lève tôt avec 50 kilomètres à faire ! On s'embrasse, on se serre... en se disant des tonnes de "Take care". C'est toujours aussi émouvants les départs d'Amed...

    En redescendant vers Jemeluk, on se dit que pour notre dernier soir, on irait bien manger du poisson frais sur la plage... On s'éloigne de notre plage, on roule, on roule mais aucun resto ne grille de poissons en bord de mer ! Il y a bien du Barracuda affiché partout mais il est congelé ! 'Faut le faire ! On est en bord de mer tout de même ! 

    On opte pour une assiette de calamars grillés dans un resto en bord de route et on ne le regrette pas, c'est très bon ! On se régale ! Il est presque 20h, il fait doux à présent, je n'ai presque plus mal à mon bras, on va payer l'addition et se rentrer doucement qu'on se dit sans vraiment se lever, tant tout est parfait en ce moment précis. 

    Mais tout bascule en une fraction de seconde... Bien assis sur nos chaises, le sol se met à trembler de gauche à droite presque au ralenti... TOUT, est au ralenti... On se regarde, on lit dans les yeux l'un de l'autre que c'est grave. Nous sommes en train de vivre un Tremblement de Terre, notre premier à tous les deux. Nos cœurs se mettent à battre beaucoup plus fort et, chose étrange, c'est comme si on les entendait à l'extérieur de nous. On semble être des points fixes au milieu d'un monde en mouvement qui veut nous faire vaciller...

    Premier réflexe instinctif, sortir dans la rue, loin du plafond qui peut céder à tout moment sur nous. Dans ma tête, tout s'enchaîne de façon méthodique. Moi, la bordélique, l'écervelée, le poisson rouge, en une fraction de seconde, je rassemble tout ce qui est sur la table et on se lève comme un seul corps. On saute les trois marches qui nous séparent de la rue et lorsque nos pieds touchent le bitume, on est déséquilibré par ce sol qui vacille toujours autant. On dirait que la Terre va nous avaler, s'ouvrir sur nous et se refermer à jamais.

    On se serre l'un contre l'autre, l'un tenant l'autre, se réconfortant par la même occasion. Marc arrive même à faire de l'humour en évoquant ce Voyage 2018 qui n'en finit pas de merder ! Autour de nous les gens seuls ont l'air hagard, ceux qui sont en famille forment comme des blocs soudés. Il n'y a pas un cri, pas une larme, juste une énorme incompréhension de la part des touristes mais aussi des locaux. Il règne donc un silence incroyable, indéfinissable... Seule la Terre se fait entendre et elle a un son très inquiétant... Le temps semble être comme suspendu, on perd totalement la notion du temps mais ce temps là, semble interminable...

    Puis, la terre a cessé de bouger, nos pieds ont retrouvé leur point d'attache, le sol. Quel bonheur si naturel qui peut si vite nous être ôté. Plus jamais je ne me lèverais le matin de la même façon ! 

    Il ne règne autour de nous, aucune panique. Les locaux restaurateurs sont seulement inquiets car ils ont peur que nous partions tous sans régler l'addition ! Marc part vite régler pendant que je démarre le scooter. La terre a tremblé, elle peut recommencer... La terre a tremblé mais on ne sait pas où et nous sommes en bord de mer... La terre a tremblé et en bord de mer c'est souvent synonyme de Tsunami. La terre a tremblé fort, Marc l'estime à 6 ou 7, les images du Tsunami de Thaïlande, du Sri Lanka et de Sumatra me reviennent en mémoire... Dans ma tête, toutes les idées s’enchaînent très vite, on a peut-être très peu de temps, il faut trouver le plus proche point d'évacuation. Mais quand je demande à notre restaurateur, il n'en a aucune idée ! De toutes les façons pour tous les gérants de resto, il n'y a aucune raison de s'inquiéter, ce n'était rien du tout ! Mais nous on sait, que ce n'était pas rien !

    Quand on pense que sur le volcan Bromo on a trouvé des panneaux d'évacuation si Tsunami éventuel et qu'ici en bord de mer, il n'y en a pas ! J'en rirais presque si la situation n'était pas si grave ! Le Sunset Point View devient alors une évidence pour nous. Zou ! On fonce sur cette hauteur, là, on sera à l'abris et on avisera de la suite à donner. C'est d'ailleurs ce que font tous les locaux, du moins ceux qui ont conscience de la gravité de la situation. Mais c'est chacun pour soi ! Les locaux d'un côté, les occidentaux de l'autre. Personne ne guide les pauvres gens qui n'ont pas la chance d'avoir des scooters comme nous ! Ils semblent ne plus savoir où aller. Il règne une indifférence envers mes semblables qui me sidère... Comment en un tel moment n'y a-t-il aucune solidarité !?

    En grimpant vers notre colline nous constatons qu'il n'y a pas de dégâts matériels visibles, aucune maison effondrée, ni de blessés, Dieu merci. Chose pour nous surprenante, il n'y a aucune sirène d'alerte, aucune organisation... Plus nous approchons du Sunset, plus les gens sont nombreux à y monter et on remarque aussi de nombreuses voitures redescendre... Ils quittent précipitamment Amed, c'est certain. On dirait la route de l'exode...

    Quand on arrive enfin sur notre promontoire providentiel, c'est la foule. Le parking à scooters est plein, les gens arrivent de partout. Beaucoup, ont les yeux rivés sur leur téléphone afin de trouver des infos sur le tremblement et sur la conduite à suivre pour la suite. C'est un gros bordel ! Tsunami, pas Tsunami ? Tout le monde se pose la question mais aucune réponse n'est publiée nulle part. Alors tout le monde s'installe le plus confortablement possible, en se regroupant par nationalité.

    Nous nous retrouvons avec un couple d'expatriés Français installés ici depuis 5 ans. Dans notre précipitation à quitter le restaurant, on a oublié notre briquet et ils en ont un ! On se rend compte alors qu'on a deux paquets de cigarettes et seulement 5 000 roupies en poche ! Aucun papier et toutes nos affaires avec nos sacs, en bord de mer... On se sent ridicule et très démuni... On s'installe sous un chapiteau de bambou du bar du Sunset. On blague comme si de rien n'était tout en textotant sur nos téléphones. Pour ma part, je contacte de suite mon amie Catherine sur Java. Je sais qu'elle nous sera de bons conseils et qu'elle doit déjà être en train de trouver des infos pour nous. Effectivement, elle me répond aussitôt qu'une alerte Tsunami a été lancée, l'épicentre du tremblement situé à 15 kilomètres de Lombok, c'est à dire à rien du tout de nous et qu'il ne faut surtout pas bouger de là où on est. Elle se charge de nous tenir régulièrement au courant. Je rassure alors mes proches sur Facebook qui eux-aussi, se mettent en quête d'informations. Merci la technologie et la 4G ! J'appelle mon fils et mes amis proches, je me rassure en entendant leur voix... ça fait trop du bien, dans un moment pareil, d'entendre la voix de ceux qu'on aime et qui nous aiment...

    Pour couronner le tout, il se met à pleuvoir... Heureusement j'ai mon pull mais Marc n'a rien du tout... On fait vraiment figure de peuchères... mais on se sent tout de même en sécurité sur ce nid d'aigle. Quand la terre se met à trembler de nouveau, on se lève calmement et on attend. Celle-ci est beaucoup moins longue... On se rend compte qu'on a déjà des réflexes automatiques... On s'habitue vraiment à tout...

    Les nouvelles arrivent enfin et de partout ! France, Canada, Espagne, ... et bien entendu Bali. Sur Lombok d'énormes dégâts et des morts... Sur les Gilis c'est la panique car il n'y a aucun point haut où s'abriter... Sur Bali, l'aéroport de Denpasar a été bien secoué et il y a des morts sur Kuta. On est abattu devant les nouvelles mais grâce encore à Monsieur Facebook et son application "Faites savoir que vous allez bien à vos proches", je sais que tous mes amis sont sains et saufs.

    Attendre... il nous faut attendre... l'alerte est toujours maintenue... Alors quand on attend, on observe et ce que j'observe me sidère de plus en plus. Au Sunset, qui est un bar panoramique, ils ne pensent qu'à vendre des Bintangs, des nasi goreng et des mie goreng... ils n'en ont rien à foutre du tremblement, du peut-être Tsunami et de la peur des gens... Et toujours ces deux blocs qui se font face, les touristes d'un côté, les locaux de l'autre...

    Une heure plus tard, on voit beaucoup de gens quitter les lieux, les Balinais leur disent que l'alerte est levée ! Mais c'est totalement faux ! Nous, on reste. J'attends le feu vert de Catherine et il n'arrive que bien plus tard avec une belle photo d'écran que j'embrasserais presque ! Merci Catherine ! yes

    5 Août 2018 - Tremblement de Terre à Amed...

    On est heureux de rentrer au chaud et même si on sait qu'on ne va pas dormir... il peut y avoir encore des secousses, c'est mieux que de rester au froid là-haut ! Zou, on remonte sur notre Chouchou et on arrive dans notre guest, totalement éteinte et vide ! 

    En grimpant nos marches, nous sommes au deuxième étage, un gars sorti de nulle part nous aborde en nous disant qu'il faut remonter au Sunset, que l'alerte n'est toujours pas levée et que le patron de la guest est là-haut aussi ! Mais c'est quoi ce bordel !? Quand je lui montre ma copie d'écran, il a l'air surpris ! A croire que nous n'avons pas les mêmes informations ! Quand on entre dans la chambre et qu'on allume (l'électricité n'a pas été coupée), on se rend compte immédiatement que le bâtiment n'est plus solide du tout. Des fissures au plafond, sur les murs et un chapiteau du balcon fracassé au sol... c'est une évidence, on ne peut pas dormir ici. La première secousse était de 7, la seconde de 8... et les suivantes !? 

    Décision est prise de rapidos faire nos sacs, de remonter au Sunset et d'y passer la nuit. Je vous dis pas l'angoisse d'une nouvelle secousse... C'est en allant aux toilettes pour un dernier pipi avant cette nuit de folie qui s'annonce que je me rends compte que j'ai mouillé ma culotte... J'ai du avoir très peur lors de la première secousse... je n'ai rien senti du tout... Dans ces moments là, la peur doit être gelée dans un coin du cerveau, c'est pas possible autrement...

    Nos deux pépères bouclés, on enfourche nos Chouchous et on remonte au Sunset. Les locaux font de même et arrivent de partout avec couvertures et oreillers. Eux, s'installent à l'intérieur du restaurant du Sunset, nous, on s’aménage des petits coins à même le sol, sous un arbre pour s'abriter de la pluie qui remet ça, sans oublier le vent et le froid... Les deux camps ne se mélangent pas du tout, c'est du chacun pour soi avec les autres abrutis qui vendent Bintang sur Bintang à des touristes de plus en plus éméchés. 

    5 Août 2018 - Tremblement de Terre à Amed...

    Là, notre aubergiste vient nous voir ! Il nous demande de redescendre, que tout est "Safe" et qu'il n'y aura plus de secousses ! Il doit être devin ma parole ! Un Français maçon qui loge aussi chez lui, lui explique que sa maison est fissurée de partout et qu'elle n'est plus du tout "safe" mais y'a rien à faire, il n'en démord pas et veut qu'on descende avec lui ! Je crois qu'il a peur qu'on parte sans payer la chambre demain matin ! Regroupés entre Français de la même guest, on ne bouge pas et on s'installe pour la nuit la plus inconfortable et la plus terrible que je pense n'avoir jamais vécue !

    Avec Marc on se la joue, collé serré, ça réchauffe et ça réconforte mais s'il arrive à dormir et même à ronfler, si, si ! Moi, je n'y arrive pas ! Mon épaule et mon bras se sont réveillés ! Je devais les économiser... ça n'a pas vraiment été le cas. Je m'assoie, ce qui semble la position la plus confortable pour moi et j'observe...

    Dans la maison du Sunset, tous les locaux sont couchés bien au sec, bien au chaud devant une télévision à fond d'un film à la con. Les Bintangs se vendent bien, tellement bien que toutes les cinq minutes, les scooters font navette pour aller en chercher Dieu sait où ! Par contre, ça ne leur vient pas à l'idée de nous offrir au moins de l'eau ! Certains touristes sont bien éméchés, parlent et rient trop fort... C'est une nuit de bruits, de froid, de mouillé et de déceptions... Mon amie Wayan vient de m'envoyer un message pour savoir si on va bien. Quand je lui dis qu'on dort par terre au Sunset, elle me répond son fameux "Take Care" qui n'a plus aucun sens ! J'aurais été à sa place, jamais elle n'aurait dormi à la belle étoile mais dans un coin chaud de ma maison ! J'en pleure, doucement... 

    Vers 2h du matin, mon Homme se réveille soudainement avec l'idée brillante d'aller chercher des matelas de plage. Aussitôt dit aussitôt fait. Je me l'aime mon Roi de La Ciotat ! yes 

    5 Août 2018 - Tremblement de Terre à Amed...

     

     

    Je sais qu'à présent, je vais pouvoir non pas dormir mais au moins reposer mon bras qui n'en peut plus, de façon plus confortable. Vivement demain, qu'on quitte les lieux... Ganeshou, je t'en prie, épargne nous de nouvelles secousses...

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  • Commentaires

    7
    Maguy
    Mercredi 8 Août à 17:33

    Heureusement que c'est fini ce mauvais passage Isa. J'imagine ce que vous avez dû supporter. Tu as très bien transmis tes émotions et tout ce que tu as vécu, j'étais avec toi, Mon dieu quelle peur ! Indiana Jon'es woman ! Et surtout avec ces douleurs. Essaie de t'en passer du baume du tigre quand ça relance, c'est assez efficace. Et aller voir un spécialiste rhumatologue quand tu pourras.

    J'aimerais bien avoir un peu de fraîcheur, la chaleur continue...pfffiouuu ! épuisant!  L'eau nous dégouline sur le corps et sur le visage, trem-pée...je cours me rafraîchir aussi souvent que possible. Jamais vu ça.

    Prenez soin de vous. A bientôt, et reposez vous.

     

    6
    Mercredi 8 Août à 10:09

    Vous êtes sains et saufs, c'est l'essentiel !! Quel manque de générosité autour de vous, ça me laisse baba...................

    J'espère que ton bras va mieux. Merci d'avoir donné de vos nouvelles, je pensais à vous lorsque j'ai entendu les news.

    Prenez bien soin de vous, pas d'imprudence !!!!

    Bises et reposez vous bien avant de reprendre votre périple..

    5
    Cath
    Mercredi 8 Août à 06:31
    Le plus bel article.. On s'y croirait de la belle journée à la terrible fin.. Quel voyage les amis.. J'espère que Tejakula vous est clément. Ça a l'air bien simpa par là. J'irais bien y voir.. À ce soir pour une nouvelle page.. J'ai hâte.. Prend bien soin de ton bras ❤️
    4
    Lydie T
    Mercredi 8 Août à 00:34
    C'est pas galette tout ça courage
    3
    Cri
    Mardi 7 Août à 22:38
    Quel superbe article ! Tu as vraiment le don !... j’ai été subjuguée par ton récit, j’y étais avec vous ! Au coeur du paysage et de l’action . Merci encore de partager tous ces moments ainsi que les plus compliqués. Prenez bien soin de vous passez une douce nuit après toutes ces émotions et à demain bisous
    2
    Nessie Desiles
    Mardi 7 Août à 20:28
    Que de changements je trouverais aller si j'y allais moi ki y suis allée en 2009 ? Super article qui nous fait vivre en live ce moment loin de être agréable. Que de péripéties.et ton bras ma pauvre je compatis. Un an avec des mal de chiens à cause d une foutue vertèbre ! Kan le mal s installé c une horreur. On ne peut que te souhaiter enfin du répit
    1
    maryse
    Mardi 7 Août à 18:50

    Merci de donner des nouvelles ! Quelle nuit d'angoisse pour vous ! c'est très triste, tant de victimes. Bon courage et j'espère que ton bras ne te fait pas trop souffrir !  Bisous !  oui c'est fou ici 37° encore aujourd'hui !!

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